La famille Dupleix

AADI signifie aussi Alliance Armor Dupleix Inde… Qui est donc cette famille Dupleix ?

Le jeune Joseph François Dupleix a une existence instable. Fils cadet peu apprécié par son père, il est expédié par celui-ci au bout du monde. Les revenus de la ferme des tabacs étant assignés aux dividendes de la Compagnie d’Occident (qui devient en 1719 la Compagnie des Indes), ce père puissant et autoritaire lui procure néanmoins une place de sixième conseiller au Conseil Supérieur de Pondichéry.

Dupleix_Jean_Francois_estampe Dupleix se révèlera alors un personnage complexe, ayant le sens du risque, pariant sur les hommes et sur les faits, et se projetant sans cesse dans l’avenir, non sans clairvoyance. Curieux de tout, et doué d’un bon sens d’observation, mais sans être raffiné, il est un peu un autodidacte, fort au courant des mœurs indiennes, ne partageant pas tous les préjugés de son époque, mais peu psychologue envers ses semblables.

Confiant dans la justesse de ses analyses de la situation politique en Inde et des conditions économiques du commerce européen avec le sous-continent, érigées en système, il outrepasse les strictes consignes de la Compagnie qui cantonnent son activité au seul commerce par les comptoirs, et interfère avec succès dans les luttes entre les potentats locaux, par de subtiles alliances (on dirait aujourd’hui des « joint ventures »), qui en pratique conduisent la France et la Compagnie à tenir une position commerciale dominante dans tout le sud de l’Inde de l’époque, au grand dam des Anglais.

Ceux-ci finiront par obtenir son rappel en 1754, comme partie du grand marchandage entre les « Sièges » européens, pour ensuite largement appliquer et poursuivre ses thèses à leur profit. L’incompréhension de ses supérieurs (de son « management »), et l’oubli excessif dont le personnage souffre aujourd’hui, devrait justifier sa ré-incorporation dans notre monde moderne de conquête de marchés, bien entendu toutes choses égales par ailleurs.

cie des indes 4D’ailleurs, ce caractère avait sa richesse, entre une hypersensibilité et un comportement parfois caractériel, et un sens de l’équilibre au service du pays, sachant respecter les usages cérémoniels du temps sans jamais se laisser conduire par des convictions religieuses. Une morale de l’effort et du mérite, récompensant loyauté et compétence, un meneur d’hommes capable de réel courage physique et d’un grand sens de l’organisation.

Dupleix a ainsi, dans le contexte de l’époque, porté très haut l’image de la France, en utilisant tous les moyens à sa disposition, voire en en créant de nouveaux.

Source : La majeure partie du texte ci-dessus est empruntée à l’ouvrage Dupleix, de Marc Vigié (Fayard, 1993).

Article publié le 26 mars 2015

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